
SOLEIL…
-Depuis tant d’années…
Je ne vis…
Que pour revoir le soleil…
J’en ai tant rêvé…
-Bien sûr…
Pour tenir loin…
La folle du logis…
Je rêvais…
-La plupart du temps…
Tout éveillé…
Plutôt rêver…
Que de trop penser…

-Trop penser…
À ce que j’ai fait…
À ce que j’étais…
À ce que je serai toujours…
-Mes démons…
Je les combats…
Mais ils sont si coriaces…
Indomptables…
-Mais une obsession…
J’ai entretenue tout ce temps…
Toutes ces années…
Toute cette éternité…

-J’aurais dû cheminer…
Il me fallait avant tout survivre…
Car malgré qui j’étais…
Je tenais encore à vivre…
-Je me suis souvent…
Demander pourquoi…
Toutes ces questions…
J’ai tenté de refouler…
-Mes réponses…
M’auraient été trop cruelles…
Beaucoup trop…
Quand on en a pas…
-Douloureux le constat…
Qu’il serait peut-être mieux…
De ne pas persévérer…
De ne pas s’entêter…
-Mais je me suis promis…
D’un jour revoir le soleil…
Avant de m’abandonner…
À la lueur blanche de l’éternité…

-Je rêve de soleil…
Je rêve aussi…
De me laisser prendre…
Par l’averse subite…
-Je rêve…
De recevoir une tonne d’eau…
Sur les épaules…
En ne me souciant pas d’en être détrempé…

-Je rêve…
De ressentir la faim…
Sans qu’on m’apporte…
Une infecte gamelle…
-Je rêve…
De croiser des gens dans la rue…
Que de les croiser…
Sans même les saluer…
-Rien je ne veux usurper…
Je sais bien que ma place en société…
Je n’y ai plus tout à fait droit…
On a beau dire que j’ai expié…
-Pas que je sois rongé…
De culpabilité…
Je n’ai pas…
Cette grandeur d’âme là…

-Je sais ce que j’ai fait…
Je n’aurais pas dû…
Mais pas tant de remords…
Je n’ai…
-Je n’en suis pas habité…
Je sais, c’est mal…
Mais c’est ma manière à moi…
D’être un tant soit peu honnête…
-Au moins…
Face à moi…
Car à moi…
Jamais ne saurai me raconter d’histoires…
-Et puis à quoi bon…
Pour encore décevoir….
Ceux qui m’ont déjà aimé…
Et que j’ai fait pleurer…
-Thérapeutes et psychologues…
Ont bien voulu m’aider…
Ils ont un noble métier…
Ils s’y dévouent…
-Mais moi…
Je ne vis plus…
Que pour revoir le soleil…
C’est mon seul rêve…

-Je sais bien…
Qu’à chaque fois que je le verrai…
Mes ombres me suivront…
Aussi bien ne pas le nier…
-J’ai besoin…
De revoir le soleil…
D’y aspirer…
De m’y aveugler…
-Je veux voir le soleil…
Pour fuir la pénombre…
Car qui sait ce que je ferai…
La nuit venue…
-C’est sous une nuit…
Sans lune…
Que je suis devenu sanguinaire…
Je crains la bête qui sommeille…
-Je crains….
Ce mal latent…
Qui m’habite…
Qui coule dans mes veines…
-Croyant bien faire…
Du soleil on m’a isolé…
Depuis trop longtemps…
Bien trop longtemps…
-Plutôt que de m’incarcérer…
Entre des murs sombres…
Trop sombres pour moi…
Où je ne pouvais que rager..
-On aurait dû…
Sans réduire ma peine…
Attacher mes chaînes…
À un poteau en plein soleil…
-J’aurais ainsi pu…
Calmer mes démons…
Plutôt que de laisser…
Fomenter leur rage…
-Que de rage…
J’ai cultivé…
Qu’envers moi-même…
Une pernicieuse rage…
-Je n’ai jamais…
Demandé pardon…
Je ne saurais…
Me l’accorder…
-Ne me parler pas…
De la grâce de Dieu…
Je n’y crois pas…
Je suis né monstre…
Il n’y a pas de paradis…
Pour des bêtes comme moi…
Que des enfers…
Vécus de son vivant…
-Alors demain…
Quand je sortirai…
Écartez-vous…
Et laissez-moi voir le soleil…
-Tant qu’il reluira…
N’ayez crainte…
Mais à la brunante…
Regagner vos chaumières…
-Et en pleine nuit…
Si vous entendez hurler à la lune…
C’est que je crierai…
Mes souffrances…

-J’attends depuis si longtemps…
De revoir le soleil…
Demain sera ce jour…
Un jour à la fois…
-Car après chacun d’eux…
Le ciel se couve…
D’une agonisante noirceur…
Fébrilité nocturne…
-Je crains les nuits sans lune…
Je pâtis à compter les instants…
Pour m’accrocher à l’espoir…
De revoir le soleil le lendemain matin…
-Je rêve du soleil…
Depuis tant d’années…
Tant d’années de captivité…
En pleine noirceur…
Xxx
Kleaude

Quelle puissance dans tes mots, Kleaude… je sens résonner en moi cette souffrance indicible, j’imagine tous ces démons qui se déchaînent et ne laissent pas une seconde de répit…
Des hurlements de douleur qui viennent du plus profond d’une âme tourmentée, de celui qui s’est condamné tout seul à un châtiment bien plus sévère que cet enfermement.
Tu connais les recoins les plus sombres du cœur, et si tu sais chanter la passion, la tendresse, l’amour, tu peux aussi dépeindre la noirceur.
Heureusement qu’il y a le soleil… puisse-t-il éclairer un peu ces ténèbres
Que rajouter ..je me ralie a Élisabeth …
« Tu connais les recoins les plus sombres du cœur, et si tu sais chanter la passion, la tendresse, l’amour, tu peux aussi dépeindre la noirceur. »
quelle puissance…quelle force…
pas de nuance…noir c’est noir….on entend hurler cette rage ….et j’entend cet espoir de revoir le soleil comme si sa vie en dépendait…comme si ensuite…tout pouvait finir…
on ressent cette noirceur…
la douleur de la culpabilité…
je sent une telle déchirure…
tes mots sont fort…
ton talent immense…
Merci Claude pour ce texte fort écrit avec grand talent……
Je t’embrasse…
Sorcière…xxx
Poème terrible…la lucidité et la souffrance de çet homme sont effroyables…on se prend à le plaindre sincèrement sans savoir pour autant quoi lui souhaiter…
Sa sortie de prison le replonge dans l’engrenage, l’enfermement le broie..qu’elle vie de souffrances!
Amitiés Kleaude
Que de souffrances…souffrances que je ne souhaite à quiconque…
Doux week-end Kleaude 🙂
La puissance de tes mots…a retenu mon souffle …
Comment de pas sympathiser avec le héros …
Souffrir de la sorte …avec autant de lucidité …relève du respect …
Respect pour la bête qui veut devenir un prince…sous le soleil….
Une volonté de fer ….qui le mènera au bout de son rêve de lumière ….!
Magnifique Kleaude…
Sincèrement
Manouchka
Un texte poignant qui avec ton expression, tes mots, ne nous laisse pas indifférent. La souffrance quelle qu’en soit la cause, même celle générée par nos démons intérieurs, ne peut laisser indifférent. Combien doivent hurler à la mort, avec ce cri de douleur étouffé dans la poitrine. Voir le soleil, le soleil de la vie.
De par ton talent manifeste, quoique tu écrives Claude, tu sais toucher le cœur .
Te lire est toujours un plaisir
Bon week-end avec mon amitié.
tant de remords, de souffrance, mais il faut oublier ce passé et vivre le présent, prendre un nouveau chemin
………….Tout est si noire dans cette poésie…
Des souffrances dans un drame psychologique cultivés par ces mots avec tant de rage ..
pour un destin bouleversant ou dans ce regard il ne reste qu une seule lueur ,
où le soleil se met en scène !!
La vie se charge bien de nous décevoir parfois .avec ses formes composées…
..(( j espère ne pas entendre hurler la lune cette nuit !!))
………………….Amitié Claude ….@ bientôt
Hello ! Bonjour à toi l’Ami ! De combien de vie sommes nous les acteurs avec nos rêves et pensées ? beaucoup et c’est tant mieux ! Bonne semaine ! Biz