AVANT….
-Avant…
Jamais je n’avais pensé….
À mourir…
Jamais pensé à la mort…
-Je n’y avait même…
Jamais songé…
Trop occupé…
À vivre…
-Toi et moi….
On ne s’était rien promis…
Mais…
Mais…
-Ta nostalgie…
Voilait ton regard…
Pour tes yeux…
Rendre si beaux…
-Ton regard lascif…
Brumeux et voilé…
M’a toujours fasciné…
Et charmé…
-Tes yeux…
M’ont toujours chaviré…
Quand tu les poser sur moi…
J’en étais chaviré…
-Il y avait tant dans ce regard…
Comme si pour un instant…
Tu me livrais ton âme…
Telle une offrande…
-J’aurais dû…
Y voir l’immense vide…
Cette latente souffrance…
Cette léthargie du cœur…
-J’aurais dû…
Ressentir l’immensité de ton gouffre…
Celui dans lequel…
Tu risquais de sombrer…
-Dans tes yeux…
J’aurais dû voir…
L’abîme qui te guettait…
Ce néant…
-Ce vide….
Cruellement omniprésent…
Tel le gouffre…
Sous le fil de fer….
-Oui…
Je t’en ai voulu…
J’ai ragé…
Crié et pleuré…
-Je m’en suis voulu…
Tellement voulu…
De ne pas avoir su…
Identifier ton malaise…
-J’aurais voulu…
Dérider ton cœur…
Pour débrider ton âme…
Pour voir ton sourire…
-J’aurais tant voulu…
Te combler d’allégresse…
Te gaver d’insouciance…
Te faire flotter de légèreté…
-J’aurais tant voulu…
Que tu ne portes pas…
Tout ce poids…
Sur tes frêles épaules….
-Je te savais angoissée…
Mais je n’ai pas perçu…
Que tu suffoquais…
Que tu manquais d’air à ce point…
-J’ai pensé…
Que depuis qu’on se tenait par la main…
Un peu de légèreté…
Tu avais retrouvé…
-Mais tu agonisais…
De cette lente asphyxie…
De cette étouffante pression…
Tout le poids porté…
-Quand je te faisais rire…
Chacun de tes sourires…
Était pour moi…
Une réconfortante petite victoire…
-J’ai cru…
Qu’à force de sourire…
Tu en viendrais à rire…
Et sourire à la vie…
-Mais la tienne…
Tu t’es convaincue…
Qu’elle ne t’était pas…
Légitime ou méritée…
-Comme si…
Respirer était un privilège…
Que tu ne méritais pas…
Et que tu usurpais…
-J’aurais tant voulu….
Que la clé du bonheur…
Tu trouves…
Et t’appropries…
-J’ai tant espéré…
Que ta voie tu trouves…
Pour un sens donner…
À ta pénible existence….
-Que tu trouves…
Le sentier de vie à suivre…
Pour trouver la voie…
De ton accomplissement…
-J’aurais voulu…
Être celui…
Qui aurais su t’empêcher…
De faire le saut…
-J’aurais tellement aimé…
Que tu ne bascules pas…
Dans cet immense néant…
Que tu as fait tien…
-J’aurais espéré…
Qu’à force de respirer…
Même difficilement…
Tu goûtes à l’air du temps…
-J’ai tant espéré…
Tant prié…
Pour que de ta couronne d’épines…
Tu te délestes…
-Dans tes yeux…
J’aurais tant voulu…
Y voir autre chose…
Que du désespoir….
-J’aurais voulu…
Que ta rage tu exultes…
Qu’à la face du monde…
Tu cries ta rage…
-J’aurais voulu…
Te voir colérique…
Pour tout envoyer promener…
Et que tu te délestes de ce poids…
-Que tu libères tes épaules…
Du poids de ta solitude…
Ce mal insidieux…
Qui t’aspire par le fond…
-Je n’ai pas su…
Te libérer de tes contraintes…
Pour au-dessus de tout ça…
Te permettre de t’élever….
J’aurais aimé…
Être celui…
Que de toutes tes angoisses…
T’aurait libérée…
-J’aurais voulu…
Scier tes barreaux…
Pour que dans le champ de la liberté…
Tu t’évades…
-J’aurais voulu…
Qu’à l’insouciance et la sérénité…
Tu goûtes…
Et que tu t’en abreuves…
-J’aurais voulu…
Que telle la rivière tumultueuse…
Tu rages pour ne cesser…
De faire ton chemin…
-Mais ta voie…
Tu n’as su trouver…
Pour toi ta vie…
N’aura été qu’un chemin de croix…
-Tous mes rêves…
J’aurais voulu t’insuffler…
Pour qu’on les partage…
Et qu’on y aspire ensemble…
-Mais…
Tu n’es plus là…
Tu t’en es allée…
Là-bas et nulle part…
-Au bout de toi…
Tu auras été…
Sans même derrière regarder…
Comme si ta voie était tracée…
-Mais moi…
Seul je suis resté…
J’ai tant pleuré…
Tant crié….
-Mais tu sais…
Je ne t’en veux plus…
Je ne m’en veux pas non plus…
Ce fut ton choix…
-J’aurais juste voulu…
Savoir t’en faire changer…
Te faire miroiter mieux…
Pour de ton poids te délester…
-Je n’ai pas su…
Tu n’as pas voulu…
Ton choix était fait…
Et tu me l’as imposé…
-Alors maintenant…
Seul je suis…
Orphelin dans mon monde aride…
Un monde sans grand espoir…
-Dorénavant seul…
Je déambule…
Dans mon désert…
Vaste et froid…
-Mais tu sais quoi…
Malgré ma peine et ma rancœur…
Malgré mon désarroi et mon néant…
J’aspire encore à vivre…
-Certes ma solitude est grande…
Immense comme le néant…
Mais quand je lève la tête…
Pour les alentours scruter…
-Quand face à moi…
Je me retrouve…
Seul avec ma peine…
Je vois encore…
-Oui…
Je vois la lueur…
La lueur de cet espoir…
Qui ne m’a jamais quitté…
-Isolée et seul…
Solitaire comme un lampadaire isolé…
Je vois encore une lueur…
Dans la noirceur de mes jours…
-Oui…
J’ai pensé suivre tes traces…
Ma solitude me pèse…
Elle m’écrase…
-Mais…
Je sais…
Je sens…
Je ressens…
-Oui…
Au fond de moi…
J’ai la conviction…
Qu’il y a un après…
-J’aurais tant voulu…
Que tu y sois…
Et tu y seras…
Pour toujours…
-Oui…
Dans chacune de mes pensées…
Dans chacun de mes songes…
Tu seras…
-Non…
Je te promets…
Je ne vivrai pas…
Que de nostalgie…
-Mais de là-haut…
Tu verras…
Qu’après chaque hiver noir…
Un printemps revient…
-Avant…
Jamais je n’avais pensé….
À mourir…
Jamais pensé à la mort…
-Depuis…
J’y ai pensé…
Je l’ai envisagé…
Trop souvent songé…
-Mais après…
Je reste convaincu…
Qu’il sera toujours trop tôt…
Pour que ma vie me fuit…
-Si longtemps encore…
Je vivrai…
Pour indéfiniment…
Perpétrer ton souvenir…
-Tu as choisi de mourir…
Mais l’éternité je t’offrirai…
Dans mon cœur et mon âme…
Dans ma force de vivre….
-Et tu sais quoi…
Toi-même là-haut…
Tu te fais lumière…
Rayonnante d’espoir…
XXX
Kleaude
Wow …Il y a tant de choses dans ce texte ….
Tant de cassures jugées irréparables …Tant de blessures jugées insurmontables ….
L’enfer sur terre…en quelque sorte ….
Oui….on peut se sentir énormément coupable du refus de vivre de l’autre ….on se questionne….on se flagelle …..Tu l’exprimes si bien ici Kleaude …
Tout essayer …tout faire …..sans résultats …: et rester prisonnier de l’échec….
Mais ….derrière chaque nuage …le soleil est toujours présent ….
Et j’aime justement cette fin ensoleillée ….: un hymne à l’espoir ….
Bravo Kleaude pour ces mots…. porteurs d’une certaine réalité …mais aussi porteurs d’espérance….
Sincèrement
Manouchka
Bonjour Manouchka,
Merci de ton commentaire et de ton passage. La réalité est parfois cruelle et dure à vivre… mais cette réalité est aussi dans le fait qu’il y a toujours une pointe d’espoir si minime soit-elle. Je pense aussi qu’il ne faut pas s’affubler ou tout s’attribuer les états d’âme et décision des autres. C’est ce que j’ai voulu exprimer par ce texte. J’aime réussir à exprimer les états d’âme…
Bonne journée. Amitiés sincères
oufff…..
je ne sais pas trop quoi dire…
Trop a dire et peu de moyen…peu de mots pour le dire…
Tu as tellement toucher toutes les facettes…que j’en suis abasourdie…
Difficile d’être celui qui reste…la douleur et l’incompréhension doivent prendre tout l’espace…et tu le décrit si bien dans ce cri que j’ai cru entendre tant tes mots soit poignant…
L’acceptation dois être un long cheminement….on dois passer par tant d’état d.âme….
Je ne sais sincèrement pas quoi dire…y as pas de mots..je ne sais pas exprimer ceci…
Je comprend l’incompréhension…les questionnement…la culpabilité…mais…on ne peu porter sur ces épaules la vie de personne d’autre que la sienne…
Claude…ton texte est bouleversant…
J’aime cette lumière que tu met a la toute fin…
et ce passage est en soi si bouleversant…
« Mais
Je ne t’en veux plus…
Je ne m’en veux pas non plus… »
je sais… »bouleversant » reviens souvent…mais ton texte l’est. tellement..
Bravo pour ces mots touchant…
merci de lever le voile..de briser le silence qui trop souvent sévi…
Merci pour ton talent qui dit si bien…
ton texte est émouvant…
Je m’incline ..
Je t’embrasse…
Sorcière..;-) xxx
Bonjour Sorcière,
Merci de ton commentaire si flatteur. Toi..la reine des émotions par les mots! Comme tu le dis, j’ai essayé d’exprimer la douleur de celui qui reste… de celui qui se révèle si impuissant face à tout cela…. Comment vivre et assumer cette frustration…surtout si on a été un être attentionné dans ce cheminement partagé. On aimerait tant en tant qu’être humain savoir tout désamorcer….mais ce n’est pas le cas. Il y a une certaine fatalité qui existe et je ne saurais le nier. L’existence a sont lot de situations sur lesquels on a très peu d’emprise.
Encore merci Sorcière!
Je te salue bien bas…;-)
xxx
Comme Manouchka et Sorcière, je suis si bouleversée et touchée au plus profond de mon âme.
Tes textes sont si poignants de vérité… quels enfers as tu traversé pour savoir trouver ces mots.
L’impuissance devant le mal de vivre, insurmontable… les blessures sont si profondes que même un amour immense ne peut les guérir. Et ses images presque insoutenables…
Tant d’ardeur, d’espoir et puis, après la souffrance, l’acceptation de ce choix.
Continuer, malgré la douleur, la perte, surmonter le non sens et croire, encore et toujours… en la vie, celle qui continue au-delà de la mort. Et à l’amour, plus fort que tout.
Je m’incline aussi devant la puissance de ta plume
Bonjour Elisabeth,
Tu sais… tu me fais le plus beau des compliments en demandant quels enfers j’ai traversé pour trouver ces mots. c’est à ce quoi tout auteur aspire…. savoir se mettre dans la peau de ce qu’il veut exprimer.. savoir trouver les mots pour toucher les sentiments..les cordes sensibles de son lecteur…C’est l’effet recherché autant en écriture qu’en publicité… et j’aime les deux…;-)
Ce texte est avant tout un exercice de style. J’ai cherché à exprimer une certaine forme de résilience et l’acceptation qu’on ne peut tout changer…. Oui parfois on peut se reprocher de ne pas avoir vu venir…de ne pas avoir été à l’écoute ou d’avoir manqué le pas…. mais qu’en est-il quand ce n’est pas le cas… quand malgré tout…l’inévitable se produit… quand malgré avoir tout bien fait, on a pas su désamorcer la détresse de l’aotre. Dans les romans et dans notre imaginaire populaire, on aime croire qu’il y a une solution à tout,,que si on agit bien, nul malheur ne saura nous atteindre….Ce n’est pas le cas… Certaines fatalités existeront toujours et s’en accabler ne servira qu’à perpétuer une nouvelle détresse…la nôtre…
Et tu sais..l’humain me fascine. Je sais qu’il te fascine aussi. La psychologie est le laboratoire de l’humain. Moi par l’écriture j’essaie de reproduire les états d’âme. Tu nous les expliques; je les dépeints..;-)…
Je n’ai pas tant de vécu que ça….ma;gré mon âge certain…rire…mais on dit que j’ai une vieille âme….;-)
Merci de ta fidélité à me lire et de tes appréciations.
Salutations sincères
Alors, tu dois être une très vielle et sage âme car à chaque lecture, je suis bouleversée par tant de vérité et j’ai l’impression que tu parles de toi…
Et ta passion de l’humain sait le saisir dans toutes ses facettes, même le plus sombres.
La vie où tout se termine bien n’existe que dans les romans à l’eau de rose, tandis que toi, tu la décris dans tous ses états. Mais l’espoir est toujours présent, difficile mais si précieux, comme la lumière à la sortie du long tunnel.
C’est juste ce que tu dis mais toutes les explications ne valent pas tes poèmes car chacun y retrouve une part de soi.
Ta fidélité est bien plus grande car je publie davantage mais j’attends tes billets avec impatience. Merci encore et toutes mes amitiés.
Merci Elisabeth
J’ai eu la chance de côtoyer bien des personnes qui m’ont apporté beaucoup..mais surtout qui m’ont laissé être moi-même, m’y ont encouragé et m’ont poussé à me respecter tel que je suis.. L’ouverture d’esprit de ces gens m’a gratifié d’une belle empathie. J’essaie d’utiliser celle-ci pour comprendre et cerner les états d’âme et les émotions qui animent mes concitoyens.
Salutations sincères,
Bonjour Kleaude !!!
Un texte très touchant sur la détresse humaine autant des deux côté celui qui part et ceux qui reste en se sentant coupable, un texte percutant qui décris bien se qu’est le suicide et tout ce que la personne vit de souffrance avant et les autres aussi qui demeure si impuissant devant tant de souffrance.
Bravo pour ce texte Kleaude
Amitié Gigi xxx
Merci Gigi,
Oui comme tu dis la souffrance est aussi pour ceux qui restent… et qui doivent composer avec ces lendemains si déstabilisant…
Merci de ton passge.
Amitiés sincères
Il me semble…qu’elle aurait pu lui dédier cette chanson…
moi…elle me ramène a elle,,,a ce qu’elle aurait pu aimer lui dire…
Bonne nuit…
Je t’embrasse…
Sorciere…;-) xxx
Oh wow!!!! oui! Ça rejoint parfaitement ce texte….ça le complète si bien je devrais dire. Tu y amènes une belle signification…son point de vue à elle…son héritage….
Génial! Merci Sorcière! Tu saisis toujours si bien la portée de mes mots.
Bonne nuit aussi.
Sincèrement
Kleaude xxx
Look on down from the bridge
There’s still fountains down there
Look on down from the bridge
It’s still raining, up here
Everybody seems so far away from me
Everybody just wants to be free
Look away from the sky
It’s no different when you’re leaving home
I can’t be the same thing to you now
I’m just gone, just gone
How could I say goodbye
How could I say goodbye
Goodbye
Maybe I’ll just place my hands over you
And close my eyes real tight
There’s a light in your eyes
And you know–yeah, you know
Look on down from the bridge
I’m still waiting for you
Les paroles de cette chanson sont touchantes…. comme une lettre laissée derrière soi… un adieu..en sachant qu’un cruel mal est inévitable..mais qu’on ne le fait pas délibérément… malgré la lourdeur qui pèse sur nos épaules….on aurait préféré que ça puisse se faire sans pleurs… sans culpabilité…. un beau je t’aime laissé en héritage.
Je reste ému des paroles de cette chanson….de ce complément d’âme à mon texte…qui en devient le nôtre.
Merci Sorcière
xxx
Merci pout ton joli texte, qui me fait penser avec mélancolie à une certaine période de ma vie que je ne veux pas revivre, c’est tellement marquant qu’il m’en reste des bribes, collées sur ma peau !
Je t’envoie un magnifique soleil si tu n’en as pas ! Bises
Merci pour le soleil!
On en a bien besoin par ici alors que l’hivers s’éternise!!!
Bonne journée!
Quelle émotion ,j’en suis bouleversée j’en ai les larmes aux yeux ..
Es ce possible de lire dans l’âme de l’autre, es ce possible qu’elle puisse passer à un acte irréversible même si l’on la voit dans la détresse, la dérive .. Même avec de l’amour es ce possible … lorsque ce mal être règne toute une vie es ce possible …
A ce moment là il arrive de vouloir passer à l’acte pour ne pas souffrir de cette absence et ne plus se sentir coupable de l’acte de l’autre..
Certaines personnes ne le font jamais elles font le choix de vouloir continuer de vivre de se battre, d’autre n’en ont pas la force parce que leur âme est déjà de l’autre côté ..
Oui Kleaude cette tristesse cette lente agonie n’est qu’un enfer sur terre , elle a voulu en finir une bonne fois pour toute ..Le bonheur elle ne l’a jamais trouvé elle a choisi . C’est ce que tu exprimes avec évidence dans tes mots.
J’ai adoré ton écrit il est de tout beauté et si réaliste aussi, tu perçois si bien le ressenti de l’un et l’autre..
Amitié